Adieux de l'hôtesse arabe

CD 1, Track 21

 

Music: Georges Bizet

Text: Victor Hugo

 

Puisque rien ne t'arrête en cet heureux pays,

Ni l'ombre du palmier, ni le jaune maïs,

Ni le repos, ni l'abondance,

Ni de voir à ta voix battre le jeune sein

De nos soeurs, dont, les soirs,

le tournoyant essaim

Couronne un coteau de sa danse.

 

Adieu, beau voyageur, hélas, Oh!

que n'es-tu de ceux

Qui donnent pour limite à leurs pieds paresseux

Leur toit de branches ou de toiles!

Qui, rêveurs, sans en faire, écoutent les récits,

Et souhaitent, le soir, devant leur porte assis,

De s'en aller dans les étoiles!

 

Si tu l'avais voulu, peut-être une de nous,

O jeune homme, eût aimé te servir à genoux

Dans nos huttes toujours ouvertes;

Elle eût fait, en berçant

ton sommeil des ses chants,

Pour chasser de ton front les moucherons méchants,

Un éventail de feuilles vertes.

 

Si tu ne reviens pas, songe un peu quelquefois

Aux filles du désert, soeurs à la douce voix,

Qui dansent pieds nus sur la dune;

O beau jeune homme blanc, bel oiseau passager,

Souviens-toi, car peut-être, ô rapide étranger,

Ton souvenir reste à plus d'une!

 

Text provided by César Dillon

Sung in French

The Complete Conchita Supervia vol. 2
Fonotipia/Odeon 1929-1930